Sri Lanka - Paul McMaster, mes derniers jours à l’hôpital de Vavuniya
Je n’oublierai pas le cas de ce petit garçon qui souffrait de blessures causées par une explosion. Il était allongé au milieu des blessés dans toute cette agitation avec son grand frère à peine âgé de neuf ans qui prenait soin de lui. Ce grand frère veillait très calmement à ce qu’il ait toujours de l’eau à boire, et montrait une extrême bravoure… Et cette image m’accompagnera longtemps.
Il y a aussi cette petite fille, elle doit avoir 7 ou 8 ans et a perdu sa jambe. Elle ne sait pas où se trouvent ses parents. Quand on lui a parlé, elle était très nerveuse. Les infirmières m’ont expliqué qu’au Sri Lanka les petites filles dansent la danse traditionnelle. Alors je lui ai promis qu’elle pourrait danser de nouveau. Et, vraiment, notre mission sera de rendre ça possible, un jour. Elle devra attendre que ses blessures guérissent, puis on lui posera une jambe artificielle ce qui serait très difficile à réaliser, ici, au Sri Lanka. Mais simplement de lui promettre que cela sera possible un jour, je le prends sur moi.
Entre le 20 avril et le 8 mai, les équipes du ministère de la Santé et de MSF ont procédé à 963 opérations chirurgicales dans l’hôpital de Vavuniya. Plus de 90% d’entre elles concernaient des blessures causées par le conflit.
Cette dernière semaine dans l’hôpital, on a assisté à un changement radical. Un grand nombre de patients ont pu sortir, on a pu prendre en charge les patients moins graves qui s’étaient accumulés la semaine précédente et enfin, on a pu décharger des patients.
Tout ceci signifie beaucoup d’opérations chirurgicales, dont une grande majorité sont mineures. Ces dernières semaines, l’équipe n’a pas quitté le bloc opératoire. Grâce à l’aide de l’équipe sri-lankaise qui travaille avec nous, on a pu commencé à réinstaller les patients qui jusqu’à présent s’étaient entassé dans les couloirs et dans les allées. On peut désormais leur offrir une bonne prise en charge dans des lits et pour certains, on a pu les décharger aussi.
Aujourd’hui, nous avons environ 380 patients qui nécessitent de la chirurgie. C’est la première fois depuis mon arrivée que l’on passe sous la barre des 400. Cela montre qu’un grand nombre de patients ont pu quitter l’hôpital. J’ai effectué plusieurs visites dans les camps de déplacés, là où les patients se rendent à leur sortie. J’ai discuté avec les représentants du ministère de la Santé et des médecins pour voir comment on pouvait continuer d’assurer un suivi à ces patients.
Des patients quittent l’hôpital pour les camps avec des plâtres aux bras, un traitement à suivre pour leurs jambes qui requiert un suivi, des membres amputés. Certains d’entre eux ont même leurs bras ainsi que leurs jambes et nous essayons de voir ce que nous pouvons faire pour eux.
J’espère laisser derrière moi une équipe bien organisée, bien préparée, un hôpital qui fonctionne mieux et qui continuera de le faire pour les prochaines semaines.
Paul McMaster a quitté Vavuniya le 8 mai. L’équipe chirurgicale composée de 3 chirurgiens et d’une infirmière de bloc continue le travail, à l’hôpital de Vavuniya.

LA PREMIERE, se situe encore dans ces récits répétitifs d’explosions dont les déflagrations déchirent le ciel et la terre les habits comme les corps ne distinguant rien de l’humain et du reste. Aucune priorité n’est accordée, les morts et les survivants sont traités de la même façon… “le sauve qui peut” n’a pas sa place, il n’est que le fruit du hasard. Mohammed est pris dans ce tourbillon… Il allait au marché avec sa grand-mère et sa sœur… Elles meurent sur l’instant toutes les deux… Il survivra, découvert dans cette fumée opaque et noire qui suit le feu ravageur. Il ne perd pas conscience, seules, euphémisme, ses deux jambes semblent en poussière.

un de ses pieds est amputé l’autre réduit à un lambeau de chair qu’il tente, je le verrai par la suite, de rendre approprié à ses déplacements.
BREF LA GUERRE est là, partout, ses effets indésirables (euphémisme) se complètent se mélangent, se contredisent. Les différences de religions deviennent un prétexte habilement utilisé. Les milices se forment, certaines officielles et repérés, d’autres, plus artisanales et pas moins dangereuses pour les civils.
d’être commenté, certains même le fêtent comme un succès. Dick Cheney le relate dans la presse « it was successful… dramaticly ! » à entendre comme « un succès spectaculaire » si l’on traduit bien
déchirant les corps ; elles éjectent les sujets de leur humanité, les tuent ou les réduisent au mieux en corps délabrés, broyés d’où « l’humain est alors parfois, au sens littéral méconnaissable, fantomatique !