Sri Lanka - A l’hôpital de Vavuniya avec le Dr Paul McMaster
Paul McMaster, chirurgien MSF, travaille à l’hôpital de Vavuniya, au nord du Sri Lanka. Aujourd’hui, vendredi 24 avril 2009, il raconte comment se sont déroulées les dernières 24 heures à l’hôpital.
Notre équipe à Vavuniya est actuellement très restreinte. J’ai été à l’hôpital 24h/24 et je ne me rend pas bien compte de la situation globale.
Ces dernières 24 heures, nous voyons pour la première fois une diminution du nombre de blessés qui arrivent à l’hôpital. Hier, nous n’avons reçu que 44 patients grièvement blessés. Mais ce matin, ils étaient plus nombreux. On peut supposer que d’autres blessés sont dirigés ailleurs, vers d’autres hôpitaux. Nous avons envoyé une équipe en exploration afin d’obtenir plus d’informations.
Depuis hier, nous avons procédé à 71 opérations chirurgicales importantes. Parmi ces 71 patients opérés, nombre d’entre eux attendaient d’être soignés depuis plusieurs jours, nos équipes étant débordées.
L’hôpital est débordé mais on peut dire que la situation n’a pas empiré au cours de ces dernières 24h. Nous travaillons avec nos collègues sri-lankais qui font tout leur possible pour soulager les blessés. Et on peut saluer leurs efforts.
L’un de nos patients est une petite fille d’environ 7 ou 8 ans qui souffre d’une blessure sévère à la jambe. Sa grande sœur partage le même lit, et souffre quant à elle de blessures aux bras et aux jambes. Leur autre sœur a été brûlée au visage. Leur mère a été tuée et leur père se trouve en soins intensifs. Vu le niveau des soins post-opératoires que l’on est en mesure de fournir, on peut dire qu’il a, au mieux, 50% de chances de s’en tirer.
Nous ne voyons que les patients grièvement blessés – trop de personnes sont malades – parmi les blessés, de nombreuses personnes souffrent de la varicelle. Nous avons entendu dire qu’il y a eu des épidémies de varicelle dans les camps car le système immunitaire des gens est très diminué.
On continue mais le niveau d’activités a chuté ces dernières 24 heures. Nous essayons de nous remettre du rythme soutenu des ces derniers jours. En ce moment, l’équipe sri-lankaise est en salle d’opération quant à nous nous travaillons à organiser les services.
Nous avons 320 patients dans une salle dont la capacité d’accueil est de 45 lits. C’est tellement saturé que les infirmières ont du mal a passer dans les allées.
Nous parvenons à opérer la grande majorité des patients, mais le problème c’est que nous manquons d’infirmières pour leur prodiguer les soins post-opératoires indispensables à leur survie. Nos infirmières font un excellent travail, elles travaillent 18 à 20 heures par jour et on me dit que des infirmières vont être envoyées en renfort : les autorités sri-lankaises ont fait de leur mieux pour envoyer à l’hôpital du personnel médical supplémentaire.
Il y a tout simplement trop de gens pour pouvoir les soigner tous. En raison du manque de personnel infirmier, nous ne parvenons pas à sauver certains patients car nous avons du mal à leur apporter les soins post-opératoires nécessaires.
Encore une fois, je n’ai pas assez de recul pour avoir une vue d’ensemble du contexte ici, mais des rumeurs rapportent que plus de gens devraient arriver dans les prochains jours, mais bien entendu, on n’est pas en mesure de vérifier cette information. Les patients nous racontent avoir vu un grand nombre de blessés, et nous nous préparons pour en recevoir plus encore. Hugue (le chef de mission de MSF au Sri Lanka, ndlr) et d’autres se sont rendus à la frontière du Vanni pour y évaluer la situation.

Не могу сейчас поучаствовать в обсуждении - очень занят. Но освобожусь - обязательно напишу что я думаю по этому вопросу….
Paul McMaster, chirurgien MSF, travaille à l’hôpital de Vavuniya, au nord du Sri Lanka…..