Mayotte : ça y est enfin, on ouvre !

Le centre de soins vient d'ouvriri ses portes
Le centre de soins vient d’ouvrir ses portes

Après des délais causés essentiellement par la difficulté d’obtenir l’autorisation d’acheter des médicaments à Mayotte (MSF-Logistique ne  pouvant pas approvisionner le territoire français), notre centre de santé a  finalement ouvert ses portes dans l’un des bidonvilles de la capitale Mamoudzou, le lundi 18 mai. Déjà beaucoup de monde attend.  A l’extérieur, on explique comment va se dérouler la consultation  et on commence à faire le tri entre les urgences et les personnes qui pourront attendre un peu plus longtemps pour voir le médecin. On compte de nombreuses femmes avec nourrissons et enfants et quelques hommes aussi.

 

 

 

 

 

 

 

Mayotte : le centre de santé MSF à Kaweni

La salle d’attente attend ses premiers patients. Demain, c’est le grand jour de l’ouverture.

par Jean, médecin.

Le centre de santé se situe à l’entrée du bidonville de Kaweni. Il est très bien agencé, avec une salle d’attente, une  pièce pour la prise des constantes (poids, taille, température, tension…), deux salles de consultation, une infirmerie, une salle d’observation, une pièce qui sert de pharmacie de stockage.

  

Le centre encore en construction

Nous sommes secondé par un « staff » composé de neuf personnes : une réceptionniste qui enregistre les patients, une personne responsable des “constantes”, deux traductrices, deux distributeurs de médicaments, un infirmier, une technicienne de surface et un visiteur à domicile. Ce visiteur qui habite le quartier fait le tour des “bangas” (petites maisons de tôles du bidonville) et repère les  pathologies évidentes, les  problèmes sociaux ou financiers, les  décès,  naissances, personnes arrivées ou expulsées et en fait part à l’équipe.  

Les consultations sont quotidiennes, débutent à 7 heures et se terminent à 15 heures. A 7 heures, a lieu un premier tri des patients selon des critères médicaux stricts et prédéterminés de 30 patients, deux autres tris ont lieu à 10 et 12 heures. 

 

 

 

 

 
 
 
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le blog de l’équipe de Mayotte

Le 18 mai 2009, MSF a ouvert un Centre de Santé dans le quartier de Kaweni, l’un des bidonvilles de Mamoudzou, capitale de Mayotte. L’objectif est d’apporter des soins gratuits de santé primaires à une population habitant dans des conditions très précaires et pour la plupart en situation irrégulière. 

 

L’objectif de ce BLOG est de partager avec vous, régulièrement, les différents problèmes que rencontrent nos patients pour pouvoir se faire soigner. 

 

Mais pour mieux comprendre pourquoi MSF est à Mayotte, petit  « plantage de décor » pour expliquer les problématiques de ce petit territoire français . 

 

Mayotte : bientôt 101ème département français !

 

Mayotte fait partie de l’archipel des Comores situé en haut du Canal du Mozambique. Les Mahorais (c’est comme cela qu’on appelle les habitants de l’Île ont voté « oui » à 95% pour devenir Département d’Outre Mer, le 29 mars 2009 (61% des inscrits ont voté, soit près de 43 000 personnes). Mayotte sera en 2011 le 101ème Département français même si l’appartenance à l’Etat français n’est toujours pas reconnue par l’Organisation des Nations Unies ni l’Union Africaine ! L’île fait 374 km2 carrés regroupant plus de 190 000 personnes dans un contexte socio économique précaire

 

 Mayotte : petit coin de paradis ? Pas pour tout le monde !  

L’île compte un peu plus de 186 452 habitants en 2007 d’après le dernier recensement. La plupart sont concentrés sur la côte. Parmi eux 50000 à 70000 personnes sont en situation irrégulière. Un visa d’entrée est instauré en 1995 pour toute personne venant à Mayotte, ce qui augmente l’immigration clandestine entre le reste des Comores et Mayotte alors même que tous les comoriens circulaient auparavant librement entre les différentes  îles de l’archipel. Les personnes en situation irrégulière sont donc, de facto, devenues nombreuses sur l’île même si certains vivaient à Mayotte depuis de nombreuses années, voire plusieurs décennies. Certains ont même des enfants  français, mais ne peuvent prouver leur identité  car le système d’état civil a été mis en place en 2000, sous la Commission de Révision de l’État Civil.

 

Parmi cette population irrégulière, on compte même des Mahorais de souche qui n’arrivent pas à prouver leur identité, ou qui sont en attente du traitement de leur dossier (14 000 dossiers seraient en attente de traitement à raison de 3 à 4 ans pour être traités). Le nombre de reconduites à la frontières a augmenté passant de 13 000 en 2006 et 2007 à 16 500 en 2008.